En matière de nouvelles infrastructures de transport, n’oubliez pas les logiciels!  

Le transport ferroviaire de voyageurs au Canada reçoit enfin l’attention qu’il mérite

 

Le Canada dispose d’un réseau ferroviaire vaste et extrêmement important, qui est un pilier de l’économie du pays depuis près de deux siècles. Cela ne changera pas.

 

Toutefois, comme notre réseau ferroviaire a d’abord été construit pour le transport de marchandises et non de voyageurs, la priorité accordée aux trains de marchandises par rapport à ceux de voyageurs a eu de réelles conséquences : les retards et le nombre limité de départs pour les itinéraires de trains de voyageurs ont poussé les gens vers la voiture et l’avion, ce qui a entraîné une augmentation des embouteillages, des retards de vols et une dégradation considérable de notre environnement. 

 

Heureusement, les temps changent.  L’évolution de la technologie et la durabilité accrue dans le secteur ferroviaire, ainsi que la prise de conscience croissante des avantages économiques de ce secteur, ont ramené l’attention sur le transport ferroviaire de voyageurs.  Et nous pensons que c’est un changement qui est là pour de bon.

 

Les signes sont déjà présents :  les gouvernements fédéral et provinciaux ont explicitement montré leur soutien à la promesse d’un transport en commun meilleur et plus durable.  Plus particulièrement, l’annonce récente de la construction d’une ligne de train à grande fréquence pour relier Québec et Toronto est un bon exemple de la façon dont le vent est vraiment en train de tourner et de la nécessité d’en tenir compte dans notre prochaine vague de projets d’infrastructure ferroviaire.

 

L’infrastructure aujourd’hui : tant matérielle que logicielle

 

Étant donné que d’importants fonds sont désormais consacrés aux infrastructures de transport, nous devons nous assurer de mettre en application une vision moderne de ce que sont les « infrastructures » aujourd’hui.

 

Oui, il y a le matériel évident : rails, tunnels, ponts, passerelles, locomotives, rames et gares ferroviaires.  Cependant, nous devons également tenir compte de l’importance de l’évolution de la superposition d’infrastructure « logicielle » dans le secteur ferroviaire actuel.  Ne pas le faire reviendrait à construire la maison de vos rêves, mais sans vous assurer que le Wi-Fi et la connectivité électronique restent à jour.

 

En d’autres termes, lorsque nous considérons les « infrastructures de transport », nous devons prendre en compte à la fois le matériel et le logiciel.

  

La récente pandémie a fourni une vitrine importante pour la technologie axée sur les logiciels.  À une époque où l’interaction humaine était déconseillée et où les activités étaient contraintes de s’appuyer davantage sur des capacités à distance, les avantages de la numérisation ont prouvé leur valeur.  Outre l’amélioration de l’expérience des voyageurs, l’attraction d’un plus grand nombre d’usagers et l’augmentation des revenus, on constate aujourd’hui une réelle appréciation des technologies émergentes en matière de sécurité des voyageurs, comme la billetterie sans contact, l’optimisation des flux d’air et l’imprimabilité en 3D des pièces à remplacer.

 

Ne vous méprenez pas : le matériel et le travail sur le terrain seront toujours extrêmement importants.  En vérité, c’est l’une des principales raisons pour lesquelles Siemens Mobilité a décidé d’acquérir l’expertise sur le terrain de RailTerm l’année dernière.  Cependant, le secteur des transports doit également s’engager à investir dans l’optimisation des réseaux et des communications, en particulier dans ce lien très important entre les infrastructures matérielles d’aujourd’hui et logicielles de demain.

 

Des transports intelligents et connectés : libérer tout le potentiel – et la beauté – de nos villes

 

La numérisation de nos transports en commun et de nos chemins de fer permettra une meilleure intégration avec d’autres modes de transport, offrant aux citoyens un tout nouveau monde élargi de choix de transport qui peut être utilisé en fonction des contraintes temporelles ou financières.  Elle permettra également de se connecter à des technologies alimentées par l’intelligence artificielle (IA), telles que la surveillance des foules ou du trafic, afin que les modes de transport puissent mieux répondre à l’évolution de l’utilisation des routes ou aux changements soudains du nombre de voyageurs (comme des foules importantes à la suite d’un événement spécial).

   

Il est important de noter qu’une infrastructure numérisée bien développée permettra aux villes de transférer davantage de capacités dans le nuage et de laisser des immeubles importants pour d’autres priorités de la ville, comme la préservation de l’histoire de la ville et la création de parcs, d’espaces piétonniers et de pistes cyclables.  Par exemple, il existe désormais de nouveaux tramways hybrides qui peuvent fonctionner hors ligne et sans émissions dans les quartiers où les villes veulent préserver leur intégrité physique (comme dans un arrondissement historique).  

 

Veiller à ce que nos nouvelles (ou anciennes) capacités de transport soient renforcées par une technologie de numérisation actualisée n’est pas seulement un investissement intelligent, mais sera bientôt le seul moyen de garantir que nos infrastructures restent pertinentes bien plus longtemps.

 

À mesure que nous avançons dans de nouveaux projets, le mot « infrastructure » doit évoquer d’autres images que de simples « bottes sur le terrain ».  Ces « bottes » devraient maintenant être vues aux côtés de jeunes ingénieurs en logiciels, travaillant en collaboration afin de créer un tout nouveau monde numérique de capacités pour soutenir et améliorer les opérations de transport et l’expérience des voyageurs. 

 

La numérisation est là pour de bon.  Nous devons profiter du financement actuel des infrastructures pour investir dans le développement de capacités complémentaires en matière de numérisation et d’IA.

 

Écrit par:

Yves Desjardins Siciliano, PDG

Siemens Mobilité Limitée