Le Canada, pionnier du train léger, pourrait maintenant être prêt pour son propre «Retour vers le futur»!

Peu de gens connaissent la relation historique du Canada avec le train léger sur rail en Amérique du Nord.  

C’est à Edmonton, en 1978, que le réseau de train léger sur rail moderne tel que nous le connaissons a été mis en place pour la première fois en Amérique du Nord. Puis ce fut au tour des gens de Calgary et de l’autre côté de la frontière de commencer à s’y intéresser. San Diego est ensuite devenue, en 1981, la première ville américaine à adopter le train léger sur rail moderne (au fait, Siemens Mobilité a été le fournisseur de tous ces projets).

 

Ces événements ont marqué le début d’une renaissance des transports en commun, avec la mise en place d’un nouveau train léger sur rail moderne remplaçant les traditionnels tramways (c’est-à-dire les fameux tramways tractés par câble de San Francisco). En plus d’offrir une capacité accrue et un fonctionnement plus rapide et silencieux, ce concept de tramway moderne était bien adapté aux changements et à la forte croissance qui ont marqué les villes de petite ou de moyenne taille pendant cette période. Pour les villes en plein essor dont la population ne se chiffrait pas encore en millions d’habitants, il s’agissait d’une solution intelligente pour faire face à la congestion routière croissante sur les routes et les autoroutes.

 

Revenons maintenant en 2021 : le monde commence tout juste à se sortir d’une pandémie mondiale. D’énormes répercussions se font sentir, et l’achalandage dans les transports en commun n’a jamais été aussi faible. Bon nombre de petites entreprises n’ont pas survécu. Le télétravail a transformé notre façon de travailler (et de nous déplacer), et ce, peut-être pour toujours.

 

Cependant, certaines choses n’ont pas changé. Nos conditions environnementales ne s’améliorent pas, et l’incidence des changements climatiques n’a pas diminué. Même si les voitures sont maintenant « plus propres », les véhicules électriques causent autant de congestion routière que les véhicules à essence. Les gens n’ont peut-être plus besoin d’aller au bureau tous les jours, mais certains déplacements font tout de même partie de leur quotidien.

 

Je crois qu’il est à nouveau temps d’exploiter les réseaux de trains légers sur rail et de les réévaluer afin de les envisager comme des solutions efficaces pour les villes canadiennes.

 

Avec du recul, ce constat demeure clair. Nous connaissons maintenant d’autres avantages importants qui ont découlé des investissements dans les réseaux de trains légers sur rail du siècle dernier, sans compter les bénéfices évidents en matière de durabilité et de circulation routière. De plus, compte tenu de l’année qui vient de passer, le développement de collectivités fortes, le grand impact économique et la hausse de la valeur des propriétés sont des éléments non négligeables. Il ne faut pas non plus oublier l’élan économique (notamment grâce à la création d’emplois locaux) qui accompagne les investissements dans de nouvelles infrastructures.

 

En effet, ces investissements sont favorables à l’économie. Il suffit de songer à notre voisin Joe Biden, qui demande actuellement au gouvernement américain d’investir deux billions de dollars dans un plan de développement d’infrastructures.

 

Mais nous sommes au Canada. Notre grand pays possède une longueur avance à bien des égards : notre approche progressive plus délicate en matière d’éducation et de santé a permis un accès plus équitable à différents leviers. De plus, nous partageons une réalité commune plus forte, caractérisée par un haut niveau de tolérance et d’acceptation.

 

Voici une citation intéressante que j’aime beaucoup : « Un pays développé n’est pas une nation où les pauvres ont des voitures; c’est un endroit où les riches prennent le transport en commun » (maire de Bogota, Colombie).

 

Je crois qu’il s’agit d’une bonne mesure pour le « développement » des villes, car elle montre l’importance de fournir des transports sécuritaires et de qualité pour les gens issus de toutes les classes économiques. Et surtout, elle favorise la sensibilisation à la durabilité, aux générations futures et aux communautés.

 

La bonne nouvelle, c’est que nous avons tous pu tirer des apprentissages de nos expériences passées. Lorsqu’une ville examine un nouveau réseau de transport en commun, comme un réseau de train léger sur rail, elle ne le considère plus comme une solution autonome. En effet, cette solution fait maintenant partie d’un écosystème complexe de transports routier, ferroviaire et aérien qui utilise la meilleure technologie possible afin de coordonner différents moyens de transport dans un réseau cohérent et flexible, adaptable à la densité de population répartie autour de chaque grande ville du monde. La ville va maintenant au-delà du transport desservant les grands terminus et se penche plus attentivement sur les communautés et les façons de les relier, ainsi que de stimuler leur économie... qui repose à nouveau sur de petites entreprises prospères dépendant d’un trafic de voyageurs important.

 

Les villes ne disparaîtront pas. Cependant, avec l’évolution des modèles de densité de population, nous devrons trouver des moyens d’ouvrir les communautés à l’intérieur de nos villes et des banlieues voisines (et entre elles). C’est ce que souhaitent les Canadiens, qui accordent une importance primordiale au maintien des interactions quotidiennes, au respect de la décence et à la célébration des différences, en favorisant le partage et le soutien mutuel.

 

Et la meilleure façon d’ouvrir nos villes canadiennes et nos communautés est de promouvoir des solutions de transport en commun sécuritaires, propres et modernes qui nous rapprochent davantage...

 

comme le train léger sur rail.

 

Écrit par:

Yves Desjardins Siciliano, PDG

Siemens Mobilité Limitée