Une nouvelle étude martèle l’importance d’investir dès maintenant dans le transport en commun

Le C.D. Howe Institute [lien vers leur page LinkedIn] a publié un rapport détaillé qui examine certains des avantages économiques du transport en commun et qui, inversement, met en lumière des aspects plus négatifs qui coïncident avec une baisse d’achalandage due au télétravail. Il en résulte une lecture intéressante et, à mon avis, un puissant plaidoyer en faveur de l’importance des systèmes de transport en commun, même si nous sommes temporairement contraints à moins les utiliser.  

 

Cette étude a particulièrement capté mon attention, car nous venions tout juste de mener notre propre sondage auprès d’environ 800 Canadiens le mois dernier (au beau milieu des restrictions de santé publique et des ordonnances de maintien à domicile), que nous avions interrogés à propos de leur expérience par rapport au transport en commun. Les trois principales raisons qu’ils ont évoquées pour utiliser le réseau (plus de commodité, économiser de l’argent et éviter le trafic) nous rappellent manifestement que lorsque nous aurons traversé avec succès la pandémie, beaucoup d’entre nous recommenceront à compter sur les trains, les métros et les autobus pour se déplacer dans la province rapidement et facilement.    

 

Le rapport du C.D. Howe Institute propose une analyse plus approfondie. Il met l’accent sur l’importance du transport en commun, tant pour les entreprises que pour leurs employés, et sur l’impact positif observé sur les possibilités d’emploi, le niveau de vie et la qualité de vie. Dans un exemple, les auteurs ont estimé qu’une baisse d’achalandage au sein du réseau de la Toronto Transit Commission a engendré des pertes de 1,7 milliard de dollars uniquement pour la région de Toronto. Ce nombre est alarmant.

 

À mesure que la vaccination progresse et que le retour à une vie plus normale se rapproche un peu plus, force est de reconnaître que les exploitants de transport en commun se heurtent à un grand défi, celui de retrouver l’achalandage d’avant la pandémie. Les réponses obtenues dans notre sondage confirment, comme on pouvait s’y attendre, que la confiance des passagers demeure faible. À l’heure actuelle, seulement 15 % d’entre eux se sentent en confiance à bord des trains, alors que le résultat est légèrement inférieur pour les métros (13 %).

 

Cependant, je n’ai aucun doute que ce pourcentage croîtra à mesure que le nombre de cas de contamination diminuera et que le nombre de personnes vaccinées contre la COVID-19 augmentera. Tous les travailleurs du secteur des transports ont la responsabilité de communiquer les mesures de santé publique mises en place aux passagers, et la confiance de ces derniers doit figurer en tête de nos priorités à mesure que la province reprend graduellement ses activités.    

 

Cela dit, une statistique de notre sondage ravive mon optimisme : bien qu’une grande majorité de Canadiens utilisent beaucoup moins le transport en commun à l’heure actuelle, 74 % des répondants soutiennent toujours l’investissement dans de nouvelles infrastructures ferroviaires locales et régionales. Les gens savent que le faible achalandage est temporaire, et qu’il ne faut surtout pas cesser d’investir dans l’avenir. 

 

Nous sommes totalement d’accord avec la conclusion du rapport du C.D. Howe Institute, qui met en garde contre un sous-investissement dans les « infrastructures de transport essentielles à l’économie ». J’appuie cette position sans réserve. Les infrastructures essentielles prennent plusieurs années à construire, et si nous voulons gagner la bataille contre la congestion dans nos villes et les dangers du changement climatique, il n’y a pas de temps à perdre. Même lorsque les réseaux de transport en commun ne font pas partie de notre vie quotidienne, ils doivent être au cœur de notre vision d’un Canada plus prospère. Et notre sondage démontre sans équivoque que les Canadiens sont d’accord.

 


Écrit par:

Yves Desjardins Siciliano, PDG
Siemens Mobilité au Canada